Oran International Arabic Film Festival 2017 | « Hzam »: la ceinture, la danse et le karaté
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« Hzam »: la ceinture, la danse et le karaté

Le documentaire algérien «Hzam» (ceinture) de Hamid Benamra est un hymne à la féminité. En choisissant de filmer les danseuses, en se concentrant souvent sur « le ventre », il met en image toute sa philosophie de la vie et les liens presque mystiques qu’il entretient avec cette part de l’humanité. C’est aussi par la ceinture qu’il fait la jonction avec le karaté, un sport qui se pratique avec une certaine chorégraphie et qu’il a lui-même pratiqué depuis l’âge de 7 ans. Le lien est improbable mais le réalisateur en fait la démonstration. C’est la suite à la rencontre avec Assia Guemra, une Algérienne qui gère une salle de danse à Paris, que le réalisateur a eu l’idée de faire ce film qui donne la parole aux femmes mais à condition de s’exprimer par le langage du corps. Celles qui fréquentent cette salle ouverte dans cette ville cosmopolite viennent de toutes les régions du monde et cette diversité des cultures et d’horizons divers est pour lui une raison de plus pour s’intéresser à cette pratique. Il les filmera dans leur moindre détails et mouvement notamment à l’intérieur mais aussi pour certaines dans décors extérieurs choisis en fonction des performances. Assia Guemra est une vieille connaissance du réalisateur qui l’a connue au temps où il fréquentait une salle de sport. Elle-même était auparavant championne dans une catégorie de ces arts martiaux et c’est lui qui lui a soufflé l’idée de passer le cap vers la chorégraphie. «Le ventre c’est l’origine de la vie», se plait-il à répéter pour justifier cet intérêt, loin des considérations de divertissement qui caractérisent les danses du cabaret ou celles que le cinéma met en scène. Comme pour le karaté, c’est la quintessence que Benamra cherche et cette quête est souvent comparée à la transcendance des philosophes. C’est une véritable quête car il s’est pour cela donné tout le temps nécessaire le tournage ayant duré près de 16 ans. Entre-temps il a réalisé d’autres travaux dont l’excellent travail autour du comédien Mohamed Adar mais ce « Hizam » lui a tenu véritablement à cœur. Produire un film documentaire est toujours difficile car il n’est pas évident de trouver les financements nécessaires mais l’aventure de Hamid Benamra qui se plait à répéter l’adage populaire algérien « hazzam » (met ta ceinture) pour affronter les situations a été finalement payante. Son regard sur cette pratique n’est pourtant pas exotique et ses motivations ont été également mues par le désir de prouver qu’il y a une relation intime entre l’art et le corps.Yacine Chekhbled