Oran International Arabic Film Festival 2017 | « En attendant les hirondelles » de Karim Moussaoui rafle la mise
17724
rtl,post-template-default,single,single-post,postid-17724,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,qode-content-sidebar-responsive,columns-4,qode-theme-ver-10.0,wpb-js-composer js-comp-ver-4.11.2.1,vc_responsive

« En attendant les hirondelles » de Karim Moussaoui rafle la mise

Le « wihr d’Or » a été attribué au film algérien «En attendant les Hirondelles» de Karim Moussaoui qui a également déroché le trophée du meilleur réalisateur. Une mention spéciale du jury été attribuée Hania Amar et Mehdi Ramdani considérés comme meilleur espoir féminin et masculin. C’est une véritable consécration pour le jeune réalisateur qui signe pourtant son tout premier long-métrage. C’est l’acteur Hassan Kechiche qui a reçu le trophée à la place du concerné lors de la cérémonie de clôture du Fiofa 2017 organisée hier lundi 31 juillet au théâtre de verdure d’Oran. «Je suis sûr qu’il va être content et du fait qu’il soit jeune, cette distinction va certainement constituer un immense encouragement pour lui afin d’aller de l’avant avec ce nouveau cinéma et cette nouvelle vision», a indiqué l’acteur algérien qui interprète lui-même un rôle dans ce film. Le meilleur rôle masculin est revenu au Syrien Ayman Zidan pour sa performance dans «le Père» de Bassil El Khatib. Le meilleur rôle féminin a été arraché ex-aequo par les libanaises Darine Hamzé et Alexandra Kahwadki qui sont distinguées dans « Nuts » de Henri Bargès. «C’est une belle occasion que celle qui nous réunit aujourd’hui autour de l’art et de la beauté et non de la guerre», a déclaré Darine Hamzé sur scène. La jordanienne Nadia Eliewat reçu le trophée pour le meilleur scénario qu’elle a écrit avec Sohie Boutros, réalisatrice de la comédie « Mahbas ».
Le prix du public
La scénariste a remercié le festival d’avoir institué cette distinction car l’écriture en amont représente pour elle étape très importante dans la réussite des projets cinématographiques. Le FIOFA a également institué le prix du public et cette année c’est le film « Augustinos, le fils de ses larmes » qui a été primé. «Quelle belle surprise ! », s’est exclamé Imed Debour, productreur du films. Il a rappelé que le long métrage est une coproduction algéro-tunisienne à laquelle il faut ajouter l’Egypte pour la réalisation(Samir Seif). «C’est un film historique sur un grand penseur, un amazighe, un numide qui avait pour crédo d’aimer sans limites et dont il faut être fier», a ajouté Imed Debour qui a remercié l’Algérie d’avoir suivi le projet. Les autres mentions spéciales ont concerné le meilleur second rôle attribué à la tunisienne Latifa Gafsi qui a été choisie pour son rôle dans « Demain dès l’aube » de Lotfi Achour. Une mention spéciale a été attribué par le jury pour la meilleure image pour le Marocain Adel Ayoub, le directeur photo du film « En attendant le pouvoir perdu » de Mohamed Ahed Bensouda. Dans la catégorie des documentaires, le choix du jury s’est porté sur « la chasse aux fantômes» du Palestinien Raed Andhouni qui a réalisé un travail sur les anciens détenus palestiniens dans les prisons israéliennes. Particulièrement ému, celui-ci a eu une pensée pour les 7000 prisonniers qui y croupissent encore mais son affection a été exprimée à l’égard des gens qui ont travaillé avec lui, reconstituant devant la caméra ce qu’ils avaient vécu. Beaucoup de participants, a leur tête Abdelader Mame, président du jury documentaires, ont souligné nécessité de donner plus de visibilité pour ce genre qui montre mieux le vécu des sociétés. C’est sans doute pour cela que quatre autres documentaires ont eu des mentions spéciales, « Enquête au paradis de Merzak Allouache » et « Chahine, le cinéma et l’Algérie » de Salim Agar (Algérie), Mayl Ya ghzail d’Iliane Al Raheb (Liban) ainsi que « La troupe» de Djafar el Bakker (Irak).
« Je te promets » de Mohamed Yargui primé
Dans la catégorie court-métragesn le wihr d’or a été attribué exaequo à « Cinq enfants et une roue » du Palestinien Said Zagha et « je te promets » de Mohamed Yargui. Le prix spéciale du jury a été attribué à « Nyerkuk » du soudanais Said Hamed. Membre du jury, Julie Nicolet, a souligné l’humanité qui se dégage de ce film et qui contient les ingrédients du genre avec un clin d’œil au rôle joué par l’enfant dont elle décèle des capacités réelles. « El Bananwa » (Les bâtisseurs) de l’Egyptien Naji Ismail Mohamed et « Pillules anti rêve » du Marocain Essam Doukhou ont eu la mention spéciale. Il faut également souligner la distinction dans la catégorie panorama du film court de « Human » de Hichem Taachit traitant des cas d’enfants atteints de la trisomie 21, un choix, dira, Samira Hadj Djillali, présidente du jury de cette catégorie, effectué sans subjectivité en mettant en avant les qualités du film. Le même jury a récompensé « Comment était ton anniversaire » de Mohamed Zaouche pour les films réalisés avec les téléphones portables (sorte de pocket-films). La cérémonie de remise des prix a été ouverte avec le discours prononcé par Brahim Seddiki, commissaire du festival qui a remercié tous les participants qui ont discuté et débattu des films en toute amitié tout en s’excusant des quelques défaillances constatées lors de cette édition. Invité par son homologue Azzedine Mihoubi pour le remplacer à l’occasion, le ministre de la jeunesse et des sports El Hadi Ould Ali a été sollicité pour s’exprimer sur le rendez-vous des jeux méditerranéens que la ville d’Oran abritera en 2021. Une occasion pour lui de rappeler les efforts consentis par l’Etat et par le président de la République qui a consacré tous les moyens pour faire avancer les chantiers des grandes réalisations à Oran.
Hommage à Izzat Elayli et Hiyam Younes
Un hommage digne du grand acteur qu’il est a été rendu à l’Egyptien Izzat El Alayli. « C’est un moment très délicieux et j’en suis ému mais je sens aujourd’hui que vous m’avez confié une grande responsabilité parce que ce pays je le chéris », a-t-il déclaré pour ensuite rappeler sa participation dans le passé à un grand projet cinématographique avec Ahmed Rachedi. « J’ai vécu 8 mois à Tebessa où j’ai côtoyé l’homme de la rue de cette Algérie résistante qui a une histoire honorable, qui recèle de véritables capacités artistiques et à laquelle je souhaite de tout mon cœur un progrès durable », ajoute cet artiste qui a contribué de manière particulière au film « Le moulin de Monsieur Fabre », a-t-il détaillé. Les organisateurs du FIOFA ont également tenu à honorer le film Ben Badis de Bassil El Khatib mais aussi Mawlana de Magdi Ahmed Ali. « Les films se font pour le public et je suis content que le mien ait été projeté ici en Algérie », a-t-il déclaré ce dernier avant de remercier le gouvernement algérien d’avoir autorisé la projection car il faut savoir que Mawlana a été interdit dans plusieurs autres pays. La chanteuse Hiyam Younes a été également honorée. Elle chantait et interprétait merveilleusement des rôles alors qu’elle n’était âgée que de cinq ans. « Je vis l’art comme une mission et je suis donc obligée de me constituer en modèle malgré la mondialisation », soutient-elle en ayant cette réflexion : « si chacun des fans qui me suivent m’offrent une fleur j’en recouvrerai la terre entière et ce sera à la place du sang ». La cérémonie a été clôturée avec l’hommage rendu au président de la République qui a été honoré pour l’intérêt qu’il accorde à la culture en général et au festival en particulier.

Yacine cheikbled