Oran International Arabic Film Festival 2017 | Panorama du court métrage : Des regards croisés et des stréotypes
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Panorama du court métrage : Des regards croisés et des stréotypes

Initié par le FIOFA, la panorama du film court réservé exclusivement aux talents algériens a permis encore cette année à de jeunes réalisateurs de proposer un certain nombre d’idées autant dans la fiction que dans le documentaire. Les élucubrations d’un comédien dans «Un homme et deux théâtres » de Aissa Djouamaâ a retenu l’attention du public surtout pour l’idée qu’il y a justement suffisamment de talents chez nous pour ne pas avoir à en importer. Le réalisateur montre les performances sur une scène de théâtre et lors d’une audition d’un acteur jouant une sorte de monologue autobiographique. Un prétexte pour s’intéresser à l’homme qui se cache derrière les rôles qu’il interprète également dans la vie. La caméra extrapole pour montrer sa femme, son père, ses amis, les gens qu’il sollicite, etc. Autant de personnages qui sont peut-être imaginaires mais qui sont représentatifs de la vie ordinaire. Dans le style documentaire, « Sadaka » de Amel Benkacimi s’intéresse à l’identité et au devenir des enfants migrants nés en Algérie et dont les parents vivent en général de la mendicité dans la rue. Des situations réelles, prises sur le vif, montrent dans le style du muet (images soutenues par du texte) la diversité de ces enfants qui n’ont pas demandé à naître mais dont la question de leur identité se posera tôt ou tard.
Message d’espoir
Un regard affectif centré souvent sur leurs yeux pétillants et qui est accentué par le fait que les prises de vue sont faites à leur hauteur: le spectateur voit leur environnement comme eux voient le monde qui les entourent. L’enfance est aussi un thème traité dans « Human » de Issam Taachit. Le film évoque la discrimination dont sont victimes les enfants atteints de la trisomie 21. Un message d’espoir pour l’intégration de cette catégorie qui ne demande qu’à intégrer la société à condition que le regard porté sur eux change. Donc, en plus du contenu du film, Il ne faut pas également perdre de vue les performances de ces enfants en tant qu’acteurs défendant ainsi leur propre condition. Sur un tout autre registre, « Salah, un kabyle de Palestine » de Tahar Haouchi traite du sujet des descendants d’Algériens exilés durant la colonisation et qui se sont installés en Palestine avant d’être contraints de s’exiler une seconde fois vers le Liban. Ils veulent une reconnaissance de la part des autorités algériennes mais qui ne vient pas malgré plusieurs tentatives. Le film aurait eu beaucoup à gagner s’il avait laissé les témoins s’exprimer dans la langue arabe du Moyen Orient qu’ils ont fini par adopter. Une séquence les montrant discuter avec la langue d’origine aurait suffit pour signifier cet attachement à l’Algérie. Mais, spécialement pour cette «découverte» qui vient s’ajouter aux citoyens d’origine algérienne de Syrie, de la nouvelle Calédonie ou de Cayenne, le film reste intéressant. La fiction intitulée « L’erreur » de Chabani Ziad met la morale au centre de sa préoccupation dans un film bourré de stéréotypes. Pour construire son intrigue, il reprend à son compte le clichet sur les ruraux qui y sont les principaux clients des cabarets où ils vont dépenser outrancièrement leur argent. La caricature qu’il présente à travers son personnage principal aurait pu constituer un bon sujet de comédie s’il était soutenu par une histoire originale. Ce n’est pas le cas et celle-ci se résume un à simple repentir motivé par le fait que le personnage a failli perdre la vie dans un accident.
« Le rendez vous »
La mort est le sujet du film intitulé « le rendez-vous » et qui a été proposé par Mohamed Baouche. Là aussi on a affaire à une morale qui concerne la notion de Riches et de Pauvres. Quand on pose comme postulat que dans la vie ceux-ci ont peu de chance de se rencontrer, le lieu de rendez-vous parait évident. C’est l’histoire d’un artiste qui remarque une jeune fille dans la rue et qui veut lui offrir un portrait mais celle-ci a rendez-vous avec un autre garçon supposé être riche (le cliché de la voiture). La deuxième rencontre aura lieu à l’entrée d’un cimetière mais, entre temps, un accident de la route a changé la donne. Le rendez-vous est trop évident pour constituer une œuvre remarquable. « Le joueur de domino » de Hakim Traidia est un récit classique qui tourne autour d’un grand père en exil (visiblement en Hollande) qui, vers la fin de sa vie, se remémore sa région natale et les parties de dominos qu’il enchainait. Une passion qu’il transmettra à son petit fils, un petit garçon né d’un mariage mixte. Ce clin d’œil est intéressant car les rapports avec son fils qui l’héberge ne sont pas les mêmes et la culture du pays d’accueil aussi. En Europe, mettre ses parents dans une maison de retraite ne pose pas spécialement de problèmes de conscience. L’intérêt du film réside dans cet entre-deux. Ce panel de jeunes réalisateurs est rehaussé par la participation de Mohamed Zaoui qui a proposé un film très original sur un vieil homme figé dans le décor du quartier de la défense à Paris, une ville où il a passé presque une quarantaine d’années de sa vie. Un jury spécial est prévu pour départager les participants à cette compétition composé de la productrice algérienne Samira Hadj Djilali, présidente, secondée par Tarek Abdelaziz, acteur égyptien, et par la vedette incontestée du petit écran, l’algérien Salah Ougrout qui est également acteur de cinéma