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“Made in Iraq” : Une mémoire traumatisée

Porté par un air de musique mélancolique et redondant du début jusqu’à la fin, le film «made in Iraq» de Jasim Mohamed Jasim est d’une lourdeur parfois insoutenable mais c’est peut être un choix esthétique comme l’est l’usage exagéré des plan serrés qui incitent à ne retenir que l’essentiel de ce qu’on veut montrer. « C’est un film de résistance. Il est motivé par le souci de raconter une tout autre histoire que celle montée de toute pièce par la machine américaine», a expliqué un responsable du Front national, un parti irakien qui a accompagné l’universitaire Hamoudi Jasim, représentant le réalisateur qui n’a pas pu faire le déplacement. L’intrigue est simple. Un jeune homme presque en haillons se réveille au milieu d’un désert où on aperçoit au loin les torches d’un champ de pétrole, symboles de la richesse. Il est amnésique. En fonction des objets qu’il fait sortir d’une valise rouge qu’il retrouve petit à petit sa mémoire que le film nous donne à voir par un jeu subtil de flash-back. Son histoire est déroutante. Tantôt profitant des plaisirs de la vie dans son exil américain, tantôt enrôlé dans l’armée avec des camardes du pays de l’oncle Sam, tantôt tortionnaire, tantôt victime, ce jeu de tiroirs déroutant dénote sans doute la complexité de la situation que le jeune cinéaste veut transposer à l’écran à moins de suggérer l’évocation de l’identité. Jasim Mohammed Jasim n’a pas eu les autorisations pour tourner dans en Irak. Son équipe a dû se débrouiller pour aller jusqu’au bout du projet. « Nous avons tenu à ce que le héros soit irakien avec ses contradictions mais c’est un acte de résistance que de faire un film qui considère que le pays est occupé par les américains », a relevé Hamoudi Jasim. Le film traite en apparence d’un cas psychologique mais il déborde sur la dimension politique liée à la présence américaine. « Nous étions et nous demeurons un peuple uni et c’est l’occupation qui a fait pression pour nous diviser en ethnies, culturelles et en courants religieux différents», a-t-il indiqué Jasim Hamoudi qui a tenté un rapprochement avec « Chroniques des années de braise » de Mohamed Lakhdar Hamina mais c’est uniquement par le biais de l’introduction du personnage du fou, récurrent chez le cinéaste algérien. La comparaison s’arrête-là d’autant plus que les réalités et les contextes historiques sont différents. La particularité de « Made in Iraq » est qu’il soit apparemment le seul à traiter de la présence américaine comme d’une occupation. « Sur une vingtaine de films réalisés dernièrement, pourtant financés par des fonds irakiens, aucun ne traite de cette question, se contentant seulement dans le meilleur des cas de critiquer l’ancien régime», a souligné l’unibversitaire de l’école de cinéma ajoutant que « ce sont des films irakiens mais qui travaillent « le projet » américain ». Yacine Cheikhbled

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