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Tapis rouge pour les stars et hommage à Beloufa, Shadia et Henedi

Ouverture du 11èm Festival international d'Oran du film arabe :

La 11ème édition du Festival International d’Oran du Film Arabe (FIOFA) a été ouverte, mercredi 25 juillet au soir à la salle Maghreb (ex-Régent), dans une ambiance de fête. Un public nombreux s’est amassé sur les trottoirs de la rue Larbi Ben Mhidi juste pour voir passer sur le tapis rouge les vedettes et les personnalités du cinéma du monde arabe. Cette année et pour la première fois, la cérémonie d’ouverture a eu lieu dans la salle de cinéma le Maghreb (ex-le Régent) au lieu du Théâtre régional Abdelkader Alloula. Pour l’occasion, la rue a été en partie fermée à la circulation motorisée durant tout « le rituel » de l’accueil des nombreux participants qui se sont, par ailleurs et comme à chaque fois, bien prêtés aux sollicitations du public mais surtout au jeu des photographes et des caméras. Hormis la presse nationale, le festival a accueilli une vingtaine de représentants de médias étrangers. Un orchestre a été déployé sur la partie externe du hall du premier étage de ce cinéma, le plus grand à l’échelle du pays, pour accompagner cette liesse.

Ce sont autant de moments forts qui ont précédé la cérémonie proprement dite et qui a été marquée par les hommages rendus à différentes personnalités du cinéma arabe mais aussi par des interventions pour témoigner ou exprimer de la gratitude à l’égard d’un festival qui a adopté nombre d’artistes jeunes ou moins jeunes.

« Vivre ensemble », slogan du Festival

Sur un plan protocolaire, le wali d’Oran et le représentant du ministre de la Culture ont respectivement mis en avant l’importance de la culture dans la notion du « vivre ensemble », slogan de cette édition, ce qui n’empêche pas de « s’intéresser à la réalité vécue avec ses côtés positifs et négatifs mais en bannissant la violence et l’extrémisme.» Des extraits des 14 documentaires en compétition ont été projetés avant la présentation des membres du jury de cette catégorie présidé par l’Irakien Kacem Hawal. «La culture cinématographique est bien ancrée en Algérie et j’ai moi-même commencé à faire connaitre le cinéma algérien en Irak depuis 1967 avec la projection de plusieurs films», a-t-il indiqué en citant de mémoire « Le vent des Aures », « L’opium et le bâton », « Hassan Terro » et « Omar Gatlato ». «J’étais déjà honorée d’avoir été invitée d’honneur à l’édition de 2015 de ce festival et c’est là qu’est née l’idée d’une coopération avec les pays du Maghreb, une initiative qui a donné des fruits puisque le film qui a été réalisé dans ce cadre-là a gagné plusieurs prix à l’international », a déclaré la libanaise Takla Shamoun, présidente du jury de la catégorie des films courts renouvelant son appel pour une coopération avec l’Algérie dans le domaine du 7ème art.

« Des films qui touchent »

L’intervention de Merzak Allouache, président du jury longs métrages, a été brève. «J’espère que durant ces journées, nous aurons l’occasion de voir des films qui nous touchent et qui touchent le public», s’est-il contenté de dire. Côté hommages, le comédien Egyptien Mohamed Henedi a été honoré en reçevant un trophée labélisé Fiofa. La star a qualifié les algériens de « peuple algérien de bon et généreux ». Un hommage à titre posthume a été rendu à la chanteuse et comédienne Shadia, disparue en 2017. C’est l’ambassadeur d’Egypte qui a reçu le trophée des mains du wali accompagné du commissaire du festival. «40 années sont passés et la situation décrite dans le film « Nahla » n’est pas tout à fait différente de celle qui prévaut aujourd’hui dans le monde arabe», a souligné l’acteur Hassan Kechiche, un animateur de la cérémonie avec la comédienne Sarah Lalama. Il a mis en avant l’idée que ce long-métrage qui a fait connaitre le cinéaste algérien Farouk Beloufa reste une œuvre de référence. C’est aussi à titre posthume qu’un hommage a été rendu au réalisateur algérien, décédé en avril 2018.

Kinda Henna rend hommage à l’Algérie

L’artiste Syrienne Kinda Henna a profité de l’hommage qui lui a été rendu pour demander une pensée aux 180 victimes d’un attentat suicide perpétré par les terroristes de l’EI (à Souaida’a en Syrie). Elle a également remercié l’Algérie pour avoir accueilli les réfugiés de son pays qui ont fui la guerre. Elle a annoncé qu’elle reviendra en tant qu’actrice dans le nouveau film de son compatriote Bassil Al-Khatib en tournage actuellement. Khaled Youcef, réalisateur du film « Karma » (projeté jeudi 26 juillet à la salle Maghreb) a également été honoré. Il a rappelé les liens qui unissaient l’Egypte de Djamel Abdennasser et l’Algérie de Houari Boumediene dont il a rappelé une déclaration datant de 1973. Il a également évoqué son mentor Youcef Chahine qui lui a fait découvrir ce pays qu’il a fini par connaitre, comprendre et aimer. «Le peuple algérien se distingue des autres peuples par son sens aigu du sacrifice quand il s’agit de défendre sa terre et c’est pour cela que je salue ses martyrs de tous les temps», a-t-il déclaré.

Yacine Cheikh-Bled

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