fr

« Boody, the Sumo Pharao ».. Un lutteur égyptien à Tokyo

de Sarah Riad

Très original est le documentaire intitulé « Boody, the Sumo Pharao » de Sarah Riad, projeté, samedi, à la faveur de la compétition officielle du 11ème FIOFA. La réalisatrice nippo-égyptienne retrace et suit le parcours d’un lutteur issu d’un petit village de l’Egypte profonde, Al-bagalt, qui a découvert le Sumo japonais et a tout fait pour se hisser au rang de champion et affronter les professionnels. Il explique lui-même qu’en général, le Sumo professionnel ne concerne que les japonais mais des équipes amateurs existent de par le monde et l’Egypte est le seul pays d’Afrique et du Moyen-Orient à en disposer. C’est justement par ce biais qu’il s’est introduit dans ce milieu. Très jeune, il devait d’abord passer au Caire pour rejoindre son équipe avec laquelle il allait gagner des trophées avant de décider de passer à une étape supérieure en allant s’installer au japon où les pratiquants de ce sport sont presque vénérés. La tâche n’a pas été facile et avoue qu’à ses débuts, il se faisait battre par des lutteurs qui n’ont que la moitié de son poids. Les entraînements sont non seulement harassants mais doivent suivre un rituel bien rodé car le Sumo n’est pas seulement un sport mais une manière d’être, sans doute comme l’étaient jadis les samouraïs. Pour retracer le parcours du champion du pays du Nil, la réalisatrice récolte les témoignages des membres de sa famille et de l’entraîneur japonais qui a accepté de le prendre sous ses ailes.

Vivre ensemble

«Si je n’avais pas décelé chez lui cette obstination et cette passion qui l’animait, je ne l’aurais pas pris car énormément d’étrangers pratiquent ce sport surtout pour rester au Japon », a expliqué le coach. Avec le temps et beaucoup d’entrainements, les efforts ont fini par payer. Boody a trouvé sa place et a même pu gravir les échelons de cette discipline. Les lutteurs ont des corpulences massives mais cela ne veut nullement dire que leur muscles ne sont pas développés. D’une certaine façon, cette expérience est un parfait exemple pour la notion du vivre ensemble. La réalisatrice a filmé sa rencontre avec des étudiants japonais dont un qui l’a interpellé sur cette question en lui demandant d’énumérer des choses qui ne lui ont pas plu au Japon. Le strict respect des horaires, l’obligation de se pencher par politesse sont des choses auxquelles il fallait s’habituer. « Je suis partie tourner au japon et le film devait durer seulement quelques minutes mais j’ai vite compris qu’il y avait matière à développer cette idée », a déclaré la réalisatrice, lors du débat après la projection. Elle a précisé qu’il fallait d’abord qu’elle obtienne une autorisation pour filmer(de la société qui s’occupe du Sumo). Questionnée sur le devenir du lutteur après le tournage du film, Sarah Riad a répondu que pour cause de démêlés avec l’organisation qui gère ce sport, il s’est résigné à partir aux Etats-Unis où il s’est lancé dans les sports de combat.

Yacine Cheikh-Bled

Related Articles

Close