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« Photocopy » : l’amour au-delà des âges

« Photocopy » de l’égyptien Tamer Ashry mérite au moins une consécration, celle de la meilleure interprétation. Le rôle du personnage central, Ammi Hamid, est assuré par Mahmud Hamida, un monstre du cinéma égyptien. Le film cumule les qualités : , léger, agréable et traitant de surcroit un sujet lourd. L’amour du troisième âge. Surtout que Safaa, l’héroïne, a subi une ablation du sein. De ce point de vue, « Photocopy» doit faire plaisir, et surtout donner du courage, aux centaines de milliers qui subissent ce genre d’opération et qui croient perdre une part de leur féminité. Le film est un hymne à la vie.

La légèreté comme philosophie

Le grand intérêt de ce film, témoin de la grandeur et du cinéma dans le pays de Youssef Chahine, c’est de nous rappeler l’existence de « l’homoegyptianus ». Cet être disposant d’une capacité de transcender toutes les difficultés du quotidien et elles sont innombrables. Cet être trouvant la note humoristique là où le drame prédomine. Un être faisant de la légèreté de l’existence une philosophie. C’est justement le cas d’Ammi Hamid, retraité, déclassé, qui tient une boutique de photocopies dans un quartier populaire. A une époque où la microédition avance à grand pas. Ce qui ne l’empêche pas de s’accrocher et de s’initier à l’internet et même aux jeux sur réseaux. Son âge, et la précarité de sa situation matérielle, n’empêchent pas ce dinosaure à l’abandon. Au contraire, en cherchant à comprendre la raison de l’extinction de cette espèce, il retrouvera suffisamment de ressorts en lui pour rebondir. En se mariant avec sa voisine et en s’engageant dans une affaire de partenariat avec son voisin tenant un cyber café.

Un vécu simple

Tout est simple dans ce film, traitant des questions fondamentales touchant au sens même de la vie. Le film se déroule entre une boutique quelconque comme il en existe des millions en Egypte et dans n’importe quelle ville du monde. Et dans un appartement. Le décor est des plus sobres. Ce qui donne une impression que nous sommes dans le réel. Les personnages, un peu atypiques certes, mais restent inscrits dans leur vécu simple. Les seuls clients du cyber ouvert par Ammi Hamid, des subsahariens, assumeront le rôle de témoins lors du mariage de Hamid avec Saafaa. Pour dire à quel point le réalisateur a réussi à bannir les fractures entre les vivants. En premier lieu, Tamer Ashry ne semble pas convaincu des césures générationnelles. « Photocopy » a séduit le public oranais.parce qu’il est apaisant avec un humour qui pousse au questionnement.

Ziad Salah

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