fr

« Black Mamba » : Comme une femme sur un ring

L’intérêt du court-métrage «Black Mamba» de la Tunisienne Amel Guellaty réside d’abord dans l’espèce de contre-pied avec lequel il feinte le spectateur. Ce procédé permet à chaque fois de relancer le récit mais, mieux encore, c’est en jouant sur les préjugés du spectateur qu’il acquiert tout son sens. Alors que le dialogue de l’héroïne Sarah (Sarah Hannachi) avec sa mère concerne un futur mariage, cette dernière, constatant des tuméfactions sur le visage de sa fille lui demande si elle a été battue. Un thème classique et toujours d’actualité que celui des violences faites aux femmes mais ce n’est pas du tout sur cette voie que la réalisatrice va orienter son intrigue. Ni même, concernant les fugues à travers la fenêtre de sa chambre, sur celle d’une rencontre nocturne pour entretenir une quelconque relation amoureuse illégitime. Il s’agit tout simplement de boxe féminine. Le choix du thème est judicieux même si la scène est quelque peu exagérée avec tous ses paris et cette ambiance surréaliste qui se dégage autour du ring. Amel Guellaty le dira bien dans le débat, «En Tunisie il existe beaucoup de clubs de boxe féminine» mais ce n’est peut être pas dans les bas fonds de la ville ni avec des combats dont on exige qu’ils se terminent qu’avec un Knock Out comme on le voit dans certains films américains.

Prendre le destin en main

En recevant une lettre annonçant sa sélection aux jeux olympiques, la sportive décide de d’abandonner, peut être temporairement, le projet de mariage. C’est cette volonté de prendre son destin en main pour décider d’elle-même de ce qu’elle va faire de sa vie que la réalisatrice met en avant et la boxe est un prétexte idéal car c’est le sport par excellence où certes on reçoit des coups mais avec la possibilité d’en donner et avec force. En se sauvant avec sa robe blanche elle arrête un bus et monte dedans sous le regard étonné des passagers. Cette scène semble être inspirée du film The Graduate (Le Lauréat) de Mike Nichols (1967). Sarah ne prend avec elle que son kimono sur lequel est imprimé le serpent, c’est-à-dire le black mamba, et ses gants de boxe, sa véritable passion.

Yacine Cheikh-Bled

Related Articles

Close