frالأخبار

Courts métrages : Peur, violence et guerre

Les patients de Amir Zaher ont tous un rôle à jouer dans le court métrage égyptien « Symptômes » (Aaradh) de Noran Tarek. Un exercice de style pour démultiplier les caractères mais, au-delà de la psychologie, ce sont parfois des faits sociaux qui sont mis sur la table. «Combien de fois avez-vous intervenu lorsque vous avez assisté à une scène de violence même verbale envers une femme ? », interpelle la seule femme du groupe. « Quand je marche dans la rue je suis toujours inquiète, je me retrouve à regarder constamment derrière moi », ajoute-t-elle. La peur et la violence, diptyque récurrent dans ce film dont l’intérêt réside surtout dans les techniques utilisées pour distinguer le réel de l’imaginaire dans le récit.

Dans les décombres d’une ville

L’imaginaire c’est aussi le fort de «The Violet» de Irakien Baqer Al-Rubaie sauf que là la technique est mise au service d’une idée et peut être aussi une cause, dénoncer la guerre. Le tour qui consiste à allonger démesurément l’instant de la mort a été expérimenté plusieurs fois dans le cinéma et il marche à tous les coups. Un récit qui semble linéaire mais qui retombe sur son point de départ. C’est le paradoxe comme l’est celui de vouloir tuer quelqu’un qui est déjà mort. Les deux enfants qui errent dans les décombres de cette ville abandonnée aux snipers sont invisibles par le subterfuge d’un habit supposé être spécial mais le réel du récit est une tout autre chose. Baqer Al-Rubaie n’a pas voulu nommer cette cité détruite et son idée est que l’histoire qu’il a racontée, car c’est de cela qu’il s’agit en fin de compte, peut se passer dans n’importe quel pays en guerre. C’est notamment le cas en Syrie car le lieu où a été tourné « The Violet », un quartier à la frontière de la ville de Bassorah, ressemble étrangement aux villes syriennes détruites durant une guerre qui n’en finit pas d’alimenter l’actualité internationale. Justement, et dans le même ordre d’idées, celui de l’intrusion de l’imaginaire dans le réel, le film « La gestation » du syrien Al Sadeer Massoud traite de la peur des conséquences de cette guerre en utilisant le même procédé. Quel sera le devenir des enfants qui vont naitre au milieu de ce chaos ? Difficile d’y répondre.

Y. C.-B

Related Articles

Close